Jusqu’à présent, chaque nouvel épisode de PES a su apporter son petit quelque chose qui le rendait indispensable et mettait de côté l’opus de l’année passée. A l’image d’un grand cru, la saga arrive à se bonifier avec le temps. Même si les changements opérés d’année en année sont plutôt minimes, ils restent suffisants pour les amateurs pour se lancer dans chaque nouveau PES sans retenue. Auréolé d’une appellation millésimée PES 2008 cette fois-ci, à l’instar d’un FIFA, les améliorations suffiront-elles pour convaincre les gamers d’ouvrir leur porte-monnaie ?
PES, trois lettres mythiques pour de nombreux fans de jeux vidéo et de football. Série qui a vu le jour sur Super Nintendo à l’époque sous le nom d’International Superstar Soccer (ISS pour les connaisseurs), elle est devenue un véritable monument vidéoludique. Un seul chiffre : 1,4 millions, c’est le nombre d’exemplaires de PES 6 vendus sur l’année écoulée en France, faisant ainsi du jeu le bien culturel le plus vendu dans l’Hexagone, loin devant n’importe quel livre, CD ou DVD. Jeu culte, qui rassemble une communauté impressionnante de fans, des tournois dont l’officielle PES League sont organisés partout en France.
Bref, PES est un véritable phénomène dans le microcosme du jeu vidéo et dispose d’une aura à l’image de titres tels Mario, Zelda, Metal Gear ou Final Fantasy. Enfin, c’est une franchise qui fait naître débat et polémique chaque année, car le joueur de PES a ses habitudes et aime les garder et toute modification est susceptible de lever une fronde parmi les hardcore gamers du titre. Malgré les épisodes, chacun peut avoir son opus préféré pour telle ou telle raison de gameplay et rester sur une ancienne version au détriment de la dernière sortie.
Accompagnée par un titre des Kaiser Chiefs, la séquence d’introduction de PES 2008 met en scène des footballeurs dignes des Yamakasi qui effectuent acrobaties sur les murs et déclenchent des tirs à faire pâlir les protagonistes de Shaolin Soccer ! Un ton plus jeune, dynamique est lancé d’entrée. A l’image des sensations balle au pied ? Même si la vérité d’aujourd’hui ne sera pas forcément celle après plusieurs mois passés en compagnie de ce PES, la toute première impression est une fois de plus déroutante, comme à chaque nouvel opus. Les habitudes prises sur PES 6 vont devoir tomber et il va falloir réapprendre à jouer. Nous avons en face de nous un très bon PES, surement le meilleur à ce jour sur PS2. Le style de jeu est cette année plus nerveux, plus incisif, plus rapide. Les actions fusent, les frappes se décochent facilement, les crochets s’enchaînent.
L’attaque semble de mise et on peut ainsi dire que ce PES 2008 ressemble à des matches de Ligue des Champions où le spectacle est présent, en comparaison avec PES 6 au jeu plus lent et posé à l’image de notre bonne vieille Ligue 1 … Les derniers transferts sont à jour, ainsi vous pourrez taper le cuir avec Ribéry au Bayern et Henry au Barça. Côté championnat, on retrouve la Ligue 1, la Serie A, l’Eredivisie et la Liga Espanola. Toujours pas de Premier League sous licence et on sera encore obligé d’éditer les noms des clubs anglais pour s’y retrouver parmi North London (Arsenal) ou London FC (Chelsea). La Bundesliga n’est toujours pas présente. Enfin, des clubs tels le Bayern, Anderlecht, Panathinaikos, Rosenborg, Benfica, Porto, Galatasaray ou les Rangers (pour faire plaisir à nos amis lyonnais) sont disponibles.
Graphiquement, il ne va pas falloir s’attendre à de flagrantes améliorations. Le public est toujours aussi laid. Certains visages de joueurs sont reconnaissables au premier coup d’œil (Kakà, Ronaldinho) alors que d’autres ont des faciès parfois digne d’un zombie tout droit sorti d’un Resident Evil. Mais PES n’a jamais été une « bombe » technique, FIFA l’ayant largement dépassé sur ce terrain là depuis longtemps. On est donc en face d’une réalisation digne de PES 6 et la Playstation 2 ne semble plus pouvoir faire mieux. Les commentaires sont assurés par le duo Laurent Paganelli et Christian Jeanpierre. Le trublion de Canal + est le nouveau venu cette année.
La qualité n’est pas encore au rendez-vous, on a droit à des remarques qu’affectionne le bonhomme et qui feront peut-être rire ses fans. On ne l’entend guère au final et ce n’est peut être pas un mal. Mieux vaudra couper les commentaires comme à l’accoutumée. Les musiques sont quant à elles une bonne surprise : du rock entre autres, PES serait-il en train de se FIFA-iser ? Pour cet aspect là oui. Et on ne sera pas contre tant les ambiances sonores des menus étaient plutôt pauvres et peu variées. Les menus ont pris également un coup de jeune au passage, une nouvelle interface pour le moins sympathique. Enfin, l’ambiance sonore lors des matches reste fidèle aux précédents opus sans grosse nouveauté.
Une fois le paddle en main, la première chose qui saute aux yeux, c’est cette sensation de jeu plus rapide avec davantage de punch. On a véritablement l’impression que les joueurs frappent la balle de manière plus puissante. Plus nerveuse, la maniabilité fait la part belle à l’attaque et aux amateurs de jeu offensif. L’animation des joueurs a encore été améliorée : la gestuelle lors des frappes est plus détaillée, on observe clairement le personnage déséquilibré après un missile décoché en lucarne. Les courses sont plus marquées comme si les crampons des footballeurs adhéraient véritablement à la pelouse. Les déplacements permettent des changements de direction soudains ainsi vous pourrez exécuter des dribbles encore plus meurtriers. Un jeu plus vivace, plus dynamique où il ne sera pas rare de voir des passes en talonnade, dans le dos à la Ronaldinho.
De quoi satisfaire les amoureux du beau jeu. De plus, on gagne en fluidité puisque dorénavant l’arbitre siffle beaucoup moins, contrairement à PES 6 où l’on était sanctionné parfois pour un rien. Les footballeurs restent davantage debout lors des pressings. Deuxième chose importante sur ce PES 2008 : les contrôles. La physique de la balle sur cette version étonnera au premier abord. En effet, dans un souci de réalisme, Konami a développé un contrôle du ballon plus réaliste. En pratique, quand vous recevrez la balle, elle aura tendance à plus rebondir qu’à être amortie. N’est pas Zizou et sa faculté de bloquer le ballon de la semelle qui veut, il faut s’habituer au départ à ce nouveau système. Il arrive qu’on perde donc la balle alors qu’avant elle nous aurait collé directement au pied mais cette fois-ci les possibilités de se déplacer autour du ballon sont plus importantes. Les duels aériens pour la récupération de balle sont ainsi plus acharnés et la vigilance devra être de mise en défense.
L’IA baptisée « Teamvision » est censée s’adapter à votre jeu et ainsi mieux vous contrer. En pratique, ce n’est pas forcément très flagrant car des astuces fonctionnement toujours pour tromper l’ordinateur avec de l’entraînement. On sait comment passer les défenses à l’aide de passes en profondeur ou trouver la tactique presque infaillible pour marquer dans 90% des duels face aux gardiens. Justement pour parler des portiers, ils sont encore plus coriaces et arrivent à sortir des arrêts miraculeux à plusieurs reprises.
La possibilité vous est également donnée de faire monter votre dernier rempart lors des phases offensives afin de tenter le tout pour le tout quand vous êtes menés. Les centres restent quant à eux difficiles à maîtriser et les buts sur ces phases de jeu ne seront une fois de plus pas légion. Enfin, de nouveaux gestes ont fait leur apparition. En marge des nouveaux dribbles et autres gris-gris tel le crochet-talonnade de Drogba, le tirage de maillot a été inclus lorsque vous pressez l’adversaire. Ainsi que les plongeons dans la surface ou simulations dans le jargon arbitral qui seront possibles mais sanctionnés d’un carton jaune.
Les familiers de la série retrouveront leurs marques très rapidement malgré le nouvel habillage du menu principal. Petit détail sans grosse importance, c’est la première fois depuis le premier PES qu’une voix digitalisée ne vous accueille pas en annonçant le titre du jeu à l’écran d’accueil. Vous aurez la possibilité d’effectuer une rencontre rapide et des tirs aux buts dans le mode Match. Organiser des tournois entre potes et suivre l’évolution de vos classements internes dans la partie Communauté. Si l’envie vous vient de vous lancer dans une saison du Championnat hollandais, le mode Ligue est fait pour vous (on y retrouve aussi les ligues espagnoles, françaises, anglaises, italiennes et internationales). Les différentes Coupes sont bien évidemment toujours de la partie (Internationale, Européenne, Africaine, Asiatique, Américaine et la paramétrable Konami). L’entraînement permettra aux novices de se familiariser avec les commandes.
Quant aux modes Modifier, il offre la possibilité aux puristes de changer, entre autres, les noms et fanions des différentes équipes et la Galerie regroupe tous vos trophées remportés et les éléments du PES shop à acheter. Le gros morceau du soft restent bien évidemment la League Master. En débutant avec une équipe de joueurs inconnus ou des vrais effectifs (selon votre choix), vous essaierez de gravir les échelons et de mener votre équipe vers les sommets. Transferts de joueurs, évolution de vos protégés, tout est encore une fois de plus très complet et géré de manière admirable. La nouveauté de ce PES 2008 est l’apparition du Tour Mondial. Dans cette section, vous devrez réaliser des missions aux quatre coins de la planète avec votre équipe. Ces mini-scénarios font penser au mode de jeu de l’illustre International Superstar Soccer Deluxe sur Super Nintendo où vous pouviez réécrire l’histoire en rejouant des matches de football célèbres.
Ici votre défi sera par exemple de gagner par deux buts d’écart. Le nombre de missions est suffisamment conséquent pour tenir en haleine le joueur et ce nouveau mode sympathique offre un plus non négligeable à ce PES 2008. Enfin, terminons par le mode Online. Il ne permet de faire des matches en un contre un uniquement. Dommage pour ceux qui voulaient rencontrer plusieurs amis via le réseau. Une fois connecté, il vous faut sélectionner un serveur et choisir un Lobby dans la liste qui apparaît. Suivant votre niveau, certaines conditions devront être remplies afin d’accéder à tel ou tel lobby (classement, appartenance à une division, …). Vous commencerez au plus bas de l’échelle et il y a en tout cinq divisions (de la 3C à la 1). En plus des rencontres simples, des compétitions sont organisées par Konami. Il en existe trois types : normale, compétition des gagnants et équipes League Master. On peut s’inscrire jusqu’à 15 minutes avant le début de chacune de celle-ci. La création d’une liste d’amis et l’opportunité de chatter (avec le clavier virtuel ou un clavier usb) sont également offertes aux joueurs du Online. Pour éviter les abus, le nombre de fois où vous pourrez vous rendre dans le menu des réglages en cours de match a été limité. Un mode Online présent mais pas forcément complet car on aurait aimé pouvoir jouer à plusieurs joueurs humains par équipe. Les délais d’attente afin de trouver un joueur sont corrects et les problèmes de lags assez discrets.
Quels sont les plus gros défauts de ce PES 2008 ? Lui-même pourrait-on dire ! La nouvelle physique de balle, le gameplay plus incisif, toutes ces modifications changeront les habitudes prises sur PES 6. Comment les joueurs vont-ils accueillir ce nouveau cru ? La suite des évènements nous le dira. Konami a une fois de plus peaufiné son bébé pour nous offrir un nouvel opus qui aura surement ses fans et ses détracteurs. Notons simplement quelques soucis au niveau de l’IA pas toujours au top. Parfois, vos joueurs laissent filer la balle à deux centimètres d’eux. Le nouveau système de contrôle du ballon offre des amortis et des contres gérés de manière étrange de temps en temps. Le ballon rebondit plus que sur les anciennes versions et donc la possibilité d’amortir le cuir est plus délicate.
Ce septième PES, comme le nombre d’étoiles figurant sur la jaquette en compagnie des deux joueurs partenaires Didier Drogba et Christiano Ronaldo, présente un challenge à la hauteur des gamers fans de football. Les cinq niveaux de jeu permettront à chacun de pouvoir se familiariser avec le soft. La durée de vie est infinie pour qui aime le football avec passion. Ajoutons à cela les bonus à débloquer tels de nouvelles équipes, joueurs et les items du PES shop. L’option de transferts de données vers la PSP pour continuer vos parties sur la portable de Sony est un petit plus également non négligeable. Elu meilleur jeu PS2 à la GC 2007, PES 2008 reste la référence absolue de simulation de football sur console. Espérons qu’à l’avenir Konami nous apportera toujours son lot d’innovations.
Le rendez-vous est pris pour les prochaines versions de PES. Déjà sur Wii, où la Wiimote et le Nunchuk promettent une nouvelle manière d’appréhender le football avec la version de PES 2008 développée exclusivement pour la machine de Nintendo. Et puis on pense déjà au futur PES 2009 … D’ici là, il y aura encore de longues heures à passer sur la version 2008. PES 2008 s’affiche comme la nouvelle référence des amateurs de ballon rond sur PS2. Konami a su une fois de plus peaufiner son bijou et nous servir une recette qui plaira au plus grand nombre. Surement la version la plus aboutie en regard des capacités de la console. La folie PES risque de déferler encore une fois sans surprise dès le 25 octobre.
Les points positifs
L’animation des joueurs.
Les points négatifs
Graphiquement ça reste du PES 6.