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  • Battlefield
  • Multi-S
  • Le 06/04/07 à 18h25
  • Rédigé par Florent Samat
  • Développeurs : Digital Illusions
  • Editeur : EA Games

Nous sommes en 2002, et le genre des FPS (First Person Shooter) est dans son heure de gloire avec des titres tels que Counter-Strike bien évidemment, mais aussi Quake 3 ou d’autres mods tels que Day of Defeat ou Team Fortress. Le terrain est fertile pour les développeurs, et le Studio Dice, en collaboration avec Electronic Arts, tente un audacieux mélange des genres : un FPS axé multijoueurs comme Quake.

Doté de maps immenses et très tactiques, de classes comme team Fortress, et de véhicules de combat : Battlefield 1942 est né, et connaît un immense succès auprès des joueurs. On vous propose de revenir sur cette saga qui n’a pas fini de nous plonger dans la rage de la bataille, et pour ce faire… de vous engager ! Signez ici et GARDE A VOUS !

Remerciement à Flitox pour son aide !

 CHAPITRE I : FLASHBACK

illsutration battlefieldLa tempête de sable envahit tout ; malgré cela, nous progressons, du sable dans les yeux, les oreilles, les moteurs : la troisième infanterie de sa majesté ne recule pas, pas à El-Alamein. Soudain un sifflement perce jusqu’au bruit de la tempête, et des cris retentissent : « MORTIERS ! COUCHEZ – VOUS ! » L’explosion à ma droite touche de plein fouet l’escouade Parker. Pas besoin de regarder, ils sont tous morts. Ils nous attendaient. Le verre de ma montre s’est brisé.

Enfoirés de Fritz, c’était un cadeau de mon père. Puis un rugissement se fait entendre. Fort, puissant, bien au-dessus de nous : la RAF entre en action, les Fritz n’ont plus qu’à numéroter leurs abattis. Je me redresse, et chaque parcelle de mon corps crie vengeance.

Les autres me suivent, et nous courons droit vers l’ennemi. Le sable fait disparaître nos silhouettes comme le brouillard ; à la bataille, à la victoire, à la mort. Nous courons.

Naissance d’une Saga

Ce genre de scène résume fort bien l’intensité du combat dans Battlefield 1942, premier Opus de la série, qui utilise bien évidemment le contexte historique de l’année 1942. Pour faire un peu d’histoire, il s’agit de l’année décisive de la seconde guerre mondiale, qui signe l’arrêt de la progression Allemande et le retournement du rapport de force en faveur des Alliés. Cette époque de l’histoire est depuis toujours une riche source d’inspiration pour les développeurs : Wolfenstein 3D, père de tous les FPS, relatait l’histoire d’un soldat américain capturé par les allemands et détenu dans le château Wolfenstein, dont il doit s’évader.

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Plus tard, des jeux comme Medal of Honor, Call of duty, et bien entendu Battlefield 1942 donneront au joueur toute latitude pour refaire l’histoire. Si les FPS précédemment cités offraient des aventures Solo très immersives, leur mode multijoueur s’inscrivait dans la veine « classique » : CTF, Deathmatch, team Deathmatch... Dice et EA l’ont perçu et se mettent au travail pour offrir une nouvelle génération de FPS multijoueur, plus tactique, offrant des batailles de grande envergure.

De l’art de la guerre

illsutration battlefieldEn 2002 sort Battlefield 1942, véritable bombe : graphiquement très réussi, le jeu apporte de très nombreuses innovations de gameplay : plutôt que des rounds répétitifs ayant pour but d’éliminer l’équipe adverse, il propose une véritable bataille rangée de longue haleine, prenant en compte les renforts grâce au système des tickets : chaque équipe dispose d’un « capital renforts » sous forme de tickets ; chaque mort dans votre équipe vous ampute d’un ou de plusieurs tickets, la première équipe à zéro perd.

Le système incite donc à éliminer ses adversaires tout en prenant garde à sa survie et à celle de ses coéquipiers : le teamplay est de rigueur, et quoi de mieux pour cela qu’un système de classes complémentaires ? Il s’agit ici d’une reprise, certes amélioré, du système de Team Fortress, célèbre mod de Half-Life : chaque joueur choisit une classe de personnage, qui lui confère certaines aptitudes uniques ; très vite, on se rend compte que seule une équipe équilibrée pourra remporter la victoire.

En effet, une surabondance de soldats éliminera aisément les fantassins, mais sera balayée par des véhicules ; pour préserver les tickets de l’équipe, des médecins seront indispensables afin de soigner les troupes ; les sapeurs se chargeront des véhicules ennemis mais auront besoin de couverture afin de survivre car peu armés pour faire face aux soldats ; enfin, les snipers pourront couvrir vos spécialistes depuis des positions éloignées.

Battlefield se démarque encore par son système de drapeaux, qui est la aussi une reprise améliorée du système « Assaut » d’Unreal Tournament : les deux équipes apparaissent chacune à un bout de la map, et devront prendre des drapeaux afin d’étendre leur domination sur celle-ci... mais également défendre leurs positions, ce qui s’avère déjà difficile. L’équipe qui prend un drapeau gagne la possibilité de réapparaître sur celui-ci, donc au plus près de la bataille, des véhicules associés au drapeau, et réduit le nombre de tickets de l’équipe adverse : une équipe ne possédant que peu de drapeaux devra passer à l’offensive sous peine de voir son capital de points s’effondrer tout seul !

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Dans le pire des cas, si tous vos drapeaux sont pris, vous ne pourrez plus réapparaître : Game Over. Enfin, une des clés de la victoire réside dans la bonne utilisation des véhicules : fidèlement modélisés sur les engins d’époque, les Panzer, Sherman, Jeeps, et autres Spitfire vous permettront de soutenir les fantassins efficacement. Le comportement des véhicules est très bien traduit, et les combats à leur bord particulièrement jouissif, qu’il s’agisse des avions ou des chars. De plus, leur présence apporte une nouvelle donnée tactique, les fantassins devant déployer des monceaux de fourberie et surtout de tactique pour en venir à bout.

Extensions

Servi par un système de jeu online performant et des maps très bien finies et étudiées tactiquement, le jeu connaît un grand succès et sera doté de deux add-on : Road to Rome, qui apporte de nouvelles armées (dont la France) et reprend de célèbres batailles de la campagne d’Italie ; Secret Weapons of WWII, lui, incorpore de nombreux gadgets et armes, existantes ou non, tirés des projets d’armes expérimentales développés pendant la seconde guerre mondiale. Les add-on s’apparentent plus à des extensions de contenu, n’apportant pas d’innovations de gameplay majeures mais de nouvelles maps, véhicules et armes. Les outils de développement du jeu sont laissés à disposition du public pour la création de mods : cela a son importance pour la suite…

CHAPITRE II : FACE A LA MORT

illsutration battlefieldUn arrêt sur image, comme dans les films. Je peux voir les lèvres du sergent s’animer, mais aucun son ne semble en sortir. Je n’entends plus le bruit des pales de l’hélicoptère, de la M60 qui hurle, les cris des mourants… je me souviens de ce matin, du cadran de la montre en or de grand-père, de cette image sécurisante et habituelle : 6 h 15, l’heure du décollage. Le son de la trompette dans l’air du matin. Le bruit, la musique, toute cette mise en scène grotesque : une tuerie se prépare, et la mort prend son envol. La mort venue d’en haut. L’attaque du village a été aussi rapide que brutale, les Viets n’ont eu aucune chance.

On pensait que c’était gagné. Depuis le début, nous sommes tous persuadés d’avoir ce pays sous notre coupe, que la puissance de nos armées est invincible. Mais ils ont quelque chose que nous n’avons pas : ils savent pourquoi ils se battent, ils ont la motivation ; la plupart d’entre nous ne cherchent qu’à rentrer chez eux.

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Et maintenant, nous sommes à leur merci. La roquette a frappé le rotor arrière. « Saloperie d’arbres, de vrais nids de guêpes », disait le sergent. Je l’ai lu sur ses lèvres, je le comprends enfin. Et maintenant il gise à mes côtés, mort. Je me sens glisser, on me traîne hors de la carcasse de l’hélico. Mais ce ne sont pas les secours. Je regarde mon poignet : 6 h 15. L’aiguille s’est bloquée. Pour toujours.

Du mod à la réalité

Ce qui surprend au premier abord lorsque l’on lance Battlefield Vietnam, c’est la ressemblance avec l’un des meilleurs mods pour Battlefield 1942 : Eve of Destruction, développé par une courageuse team de modeurs qui a décidé d’adapter le conflit vietnamien pour le FPS de Dice : la conversion est totale, les armes, skins et maps inédites, le tout étant régulièrement suivi et équilibré : le travail était déjà mâché pour Dice, et le succès du mod a probablement été une des grandes raisons du développement de Battlefield Vietnam. De nombreux joueurs ont d’ailleurs relevé cette ressemblance, et il faut avouer que la qualité du mod n’incite pas forcément à payer un jeu neuf pour le peu de différence apporté dans la version commerciale.

La plupart d’entre vous iront au Vietnam. Certains n’en reviendront pas.

illsutration battlefieldPassons sur ces propos sombres et entrons dans le vif du sujet : la guerre du Vietnam reste un sujet sensible pour de nombreuses personnes, et laisse une cicatrice profonde dans la société américaine. Peu de jeux se sont aventurés dans ce terrain glissant, sur cette défaite humiliante.

Pourtant en Mars 2004 sort Battlefield Vietnam, nouvelle mouture de Battlefield et digne successeur de Battlefield 1942, attendu depuis longtemps par les fans qui ont eu tout le temps de parcourir en long en large et en travers le jeu et ses deux add–on.

Basé sur le moteur graphique amélioré de Battlefield 1942, le jeu se distingue de son prédécesseur par la grande richesse graphique des cartes : adieu les plaines de 1942, bienvenue dans la jungle, ses arbres, ses nids de mitrailleuses embusqués, ses buissons dont on s’attend à voir surgir l’ennemi, le couteau entre les dents. Le gameplay change peu, la nouveauté résidant bien entendu dans l’adaptation du jeu à son époque, ce qui inclut l’utilisation des hélicoptères : délicats à manier, ces engins s’avèrent redoutables, capables de transporter des véhicules, de capturer les points depuis les airs, ou de délivrer un déluge de feu en vol stationnaire.

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Hormis les nouvelles maps, très réussies, et l’inclusion des hélicoptères, peu de nouveautés pour cet opus qui connaîtra un succès mitigé, même s’il reste à mon goût excellent pour ses combats de jungle d’une rare intensité, unique en jeu vidéo à l’époque (c’était avant de découvrir FarCry ). Le jeu souffre de plus de certains problèmes d’équilibrage qui ne seront corrigés qu’après plusieurs patches, et qui ont énervé de nombreux joueurs (le camp américain s’avérait beaucoup trop puissant). Une version Redux sort en 2005 (notez la référence à Apocalypse Now : Redux, sorti la même année), qui inclut les patches et quelques véhicules et cartes inédites : le temps de faire patienter les joueurs pour la sortie de Battlefield 2, qui va marquer un tournant décisif dans la saga.

CHAPITRE III : LA MONTRE EN OR

illsutration battlefield6 h 15 à ma montre. Le cadran luit dans l’obscurité de l’avion. Elle est la preuve de mon existence, le fil qui me rattache aux miens. Mon arrière grand-père la portait à la bataille. Mon père la portait à la bataille. Pour rien au monde je ne la quitterai. Mes yeux se portent vers la lumière rouge qui baigne la cale : nous ne sommes pas encore sur le site. « 30 secondes les gars ! » rugit le lieutenant. « Mes louloutes,  va falloir justifier votre place ! Rappelez-vous : « Paras, premiers au merdier, derniers à en sortir ! ». Ce « putin de pont » doit être pris pour couper leurs forces en deux et permettre au cinquième régiment d’infanterie de prendre Karkand.

Partout, l’ennemi guette, des snipers sur les toits, des fantassins dans chaque ruelle. Mais nos gars comptent sur nous ! Je serre mon SCAR L contre mon aine. Il est mon seul véritable ami. Puis tout s’accélère : la lumière devient verte. Le sergent crie : « C’est l’heure les mecs ! GO GO GO ! ». Mon parachute s’ouvre dans un bruit sec. Le survol de la ville a quelque chose de magique. Le soleil, le calme, cette descente lente. Ne pas se laisser endormir. Je touche le sol. Mes sens sont aux aguets : nous ne sommes qu’à 200 mètres de la base du CMO, et par miracle, nous n’avons pas été repérés.

Dans la lunette, je peux voir son visage. Il est détendu, il ne se doute de rien. Il a peut-être des enfants. Il allume une cigarette, pensant peut-être au jour où il rentrera chez lui en héros. Mais ce jour n’arrivera jamais. C’est cela la guerre. J’appuie sur la gâchette. Ce geste, je l’ai répété des milliers de fois. L’arme me secoue d’un puissant tressaillement. Le tir est parfait, la balle traverse sa tempe et il s’effondre sans un bruit. Je fais signe aux autres d’avancer. Les gars connaissent leur boulot, la base est prise, et ce jour est à nous. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser à ce type. Putin de métier...

L’histoire se répète

Avant tout rappelons que Battlefield 2 n’aurait sûrement pas vu le jour sans le boulot des modeurs de Trauma Studios, auteurs du mod Desert Combat pour Battlefield 1942. Ce mod, aussi célèbre que le jeu en lui-même, retranscrivait le conflit dans l’ère actuelle, les Shermans laissant leur place aux Chars de dernière génération, les Spitfires au Migs et autres chasseurs à réacteur, les BAR à la M249. Si le mod n’apportait pas de transformation majeure du gameplay, les gens de chez DICE et EA ont bien perçu le succès de la conversion, et il y a fort à parier que c’est au vu de ce succès que Battlefield 2 est né (avec d’ailleurs l’aide de Trauma Studios, incorporé dans les rangs du développeur), tout comme Battlefield Vietnam à l’époque.

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Force est de relever, malgré tout, un goût douteux du développeur qui orchestre un conflit imaginaire entre les USA et l’Irak, alors même que les relations entre les pays sont, à ce moment, tendues ; quelques mois plus tard, la seconde guerre d’Irak éclatera, 13 ans après la guerre du golfe qui avait déjà opposé les USA à Saddam Hussein. On ne peut qu’espérer que la Chine, troisième acteur du jeu, ne fasse de même dans un futur proche, sans quoi nous jouerons tous à Battlefield dans la rue… mais assez de pessimisme, voyons les spécificités de ce volet.

Un rude métier de commander

illsutration battlefieldCe troisième opus affiche des similitudes de gameplay (mode conquête, classes, véhicules…) mais aussi des différences radicales avec les deux premiers de la saga : première différence, l’apparition du Commandeur,  chargé des opérations sur le terrain. Il s’agit d’un joueur élu par ses pairs qui est physiquement présent sur le terrain, mais n’est pas chargé de se battre : il doit coordonner les forces pour le succès de la bataille. Il dispose donc d’outils modernes comme le drone de reconnaissance, qui révèle très précisément les positions ennemies, le largage de ravitaillement par avion, ou encore l’artillerie qui peut semer la mort sur une large zone, à n’importe quel endroit de la carte.

Par exemple l’écran de commandement lui indique la position de ses alliés ainsi que celle des ennemis repérés par les drones ou signalés par les joueurs. L’aspect tactique se voit considérablement renforcé, le camp dont le commandant s’avère performant disposant d’un redoutable avantage au combat. Il reste cependant dépendant des autres joueurs : ses « pouvoirs » dépendent du matériel stocké dans la base principale, comme par exemple le poste de contrôle des drones ou les canons d’artillerie, qui peuvent être détruits à l’aide d’explosifs. Il aura donc besoin de protection ou de réparations pour être opérationnel.

Regroup team

Seconde innovation, le système d’escouade. Les joueurs ont la possibilité de créer/rejoindre des escouades très facilement, ce qui étend les possibilités tactique et le teamplay : les membres de votre escouade apparaissent sur la carte, et pour le chef, il est possible de donner des ordres, ou de faire des demandes au commandant ; les soldats, eux, peuvent réapparaître sur le chef, bien pratique quand il n’y a pas de drapeau à proximité. Si il conduit un véhicule, ils apparaîtront à bord (pourvu qu’il y ait de la place) ; une bonne escouade dans un     hélicoptère de transport pourra ainsi capturer des points depuis celui-ci, le sécuriser, et repartir défendre ou attaquer ailleurs, avec une grande synchronisation. 

Du troufion au vétéran

Troisième innovation majeure : le système d’expérience. Lorsque le joueur crée son profil online, le jeu lui donne la possibilité de jouer sur des serveurs classé ou non : si les parties non classées sont là uniquement pour le fun, les serveurs classés enregistrent le score à l’issue de la partie ; les points marqués vont gonfler la jauge de grade, un peu comme l’expérience dans un MMORPG, et lorsqu’un score suffisant est atteint, permettent au joueur de passer au grade supérieur, comme dans l’armée : on commence seconde classe, puis première, puis caporal…

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Chaque grade s’accompagne d’un nouvel insigne visible par les autres joueurs (la bleusaille ou l’expert sont ainsi vite repéré) et surtout la possibilité de débloquer de nouvelles armes pour chaque classe : ainsi le médecin a-t-il la possibilité de troquer son M16 contre une Lee-einfield 85, le sniper peut acquérir un fusil M95 extrêmement puissant, etc… Dice a trouvé une façon de fidéliser ses joueurs et de récompenser leur assiduité au jeu online ; la progression donne un objectif supplémentaire, et incite à jouer plus afin de débloquer toutes les armes.

A noter cependant l’effet un peu pervers du système : le joueur qui joue mal mais beaucoup finira par débloquer des grades et obtiendra des armes puissantes, qui lui permettront d’abattre son prochain plus aisément ; on peut se demander si l’équilibre en souffre, mais les premiers grades se passent rapidement, et le joueur peut débloquer en priorité les armes dont il se sert souvent : pas de quoi se frustrer, mais le jeu est plus orienté « grand public » qu’auparavant.

Extensions

Un paragraphe s’impose pour parler des très (trop ?) nombreuses extensions de Battlefield 2 ? Quelques mois à peine après la sortie du jeu, la première extension : Forces Spéciales, fait son entrée. Relativement fournie, elle apporte de nouvelles armées (Angleterre, Russie, rebelles russes et arabes), maps, armes et véhicules, mais aussi quelques innovations de gameplay sous forme de gadgets comme l’arbalète qui permet de descendre des immeubles en tyrolienne, le grappin qui permet d’escalader, ou encore la grenade lacrymogène. Les maps, essentiellement urbaines, sont fouillées et très travaillées.

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Les deux add-on suivants sont moins réussis : Euro Force apporte de nouvelles armées… Européennes, des armes et des véhicules, ainsi que quelques maps plutôt mal finies ; une extension de contenu plus commerciale qu’utile. La seconde : Armored Fury, apporte quelques innovations pour les blindés, de nouveau véhicules… blindés, et deux cartes seulement. La politique d’EA sur les add-on relève plus du profit que de la recherche de plaisir du joueur, ce qui est plutôt regrettable, mais le propos n’est pas là, revenons à nos moutons.

Un petit mot sur les mods   

Comme pour les précédents opus de la saga, ils sont nombreux et variés : il est possible de trouver des mods pour presque tous les aspects du jeu. Il convient toutefois de placer un mot sur le mod Project Reality, au départ légère modification de gameplay puis mod à part entière : l’objectif, comme le nom l’indique, est de rendre le jeu le plus réaliste possible, en équilibrant de nombreuses données et en changeant même certaines maps afin d’éviter des abus peu crédibles. L’adaptabilité dans le choix des classes, le teamplay et la stratégie sont de rigueur. Le mod reçoit des mises à jour fréquentes et jouit d’une grande popularité chez les assoiffés d’action tactique-réaliste online et qui n’aiment pas SWAT 4.

CHAPITRE IV : LE FROID ET LE SANG

illsutration battlefieldQuatre jours. Quatre jours déjà que nous sommes parqués à Minsk, et la neige n’a pas cessé de tomber une minute, recouvrant tout ; même les puissants Goliaths que nous avons reçu en renfort prennent des airs de monstres dormants, enveloppés dans leur couverture blanche, prêts à surgir sur nos adversaires. J’observe mon copilote, qui trompe son anxiété en vérifiant pour la troisième fois que tous les systèmes d’armement de « Stomper » sont opérationnels. Le puissant Bipode nous a déjà sauvé bien des fois, et ses mitrailleuses ont fauché tant d’ennemis que le décompte doit donner le vertige aux généraux de la CPA.

Je tapote la cuirasse de l’engin affectueusement, comme un cavalier avec sa monture, et me surprends à murmurer : «  Tout doux, mon beau. Bientôt, nous retournerons à la bataille ». Puis la voix du sergent-chef me sort de la torpeur de cette matinée. « Soldats de l’UE, en ce 6 juin 2144, célébrons le bicentenaire de la plus grande offensive de tous temps ! Célébrons nos pères, qui sont venus, se sont battus, et sont morts pour la liberté ! Car en ce jour, nous nous battrons, et certains mourront… parmi nos ennemis !

Le sixième corps d’armée de la CPA est signalé par le satellite à 2 kilomètres d’ici. En selle les gars ! C’est le moment de leur montrer ce que la septième division blindée sait faire ! »

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Les hommes crient, comme pour évacuer leur peur, la pression, et hurlent leur haine. Bientôt le bruit des moteurs couvre tout. Je retrouve le décor familier du cockpit de « Stomper », et empoigne le joystick d’armement ; docile, « Stomper » répond promptement. 6 h 15 à ma montre. L’heure de la bataille. Enfin.

Dans un futur de cauchemar, il n’y a que la guerre

Deux siècles et plus de quatre ans (tout est question de point de vue) après le premier opus de la série, le dernier Battlefield en date, Battlefield 2142, sort le 19 octobre 2006. Basé sur le moteur graphique amélioré du volet précédent, il porte notre conflit dans le 22ème siècle, où le climat est devenu glaciaire et le monde s’est regroupé en deux factions, l’UE (Union Européenne) contre la CPA (Confédération PanAsiatique) luttant chacune pour leur survie. La vitesse à laquelle le jeu est sorti fait penser au même processus que pour Battlefield Vietnam : quelques innovations (rien de transcendant vis-à-vis des excellents mods téléchargeables gratuitement), un nouveau style graphique, et en avant.

Les véhicules sont futuristes et agréables à conduire, et l’arrivée d’un type de véhicule nouveau, le bipode de combat (prononcez Mechwarrior) renouvelle un peu le plaisir : ravager les rangs ennemis dans un Goldorak armé jusqu’aux dents, c’est toujours ça de pris. On retrouve le système de déblocage et d’expérience de Battlefield 2, poussé à l’extrême : plusieurs dizaines d’objets à obtenir, avec un choix à faire sur chaque classe, qui développe deux gameplay différents : par exemple, selon son choix, un soldat de reconnaissance pourra améliorer son fusil de sniper à l’extrême, ou obtenir un gadget lui permettant de devenir invisible.

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Cependant, avec suffisamment de grades (et donc de temps de jeu) il est possible de débloquer les deux branches d’objets : là encore, on encourage un aspect « grand public » du jeu. Le commandant est toujours présent, et ses capacités sont quasi inchangées, à part la nouvelle possibilité d’effectuer des frappes électromagnétiques qui perturbent les équipements et véhicules ennemis.

Titanesque

illsutration battlefieldLa seule véritable innovation réside dans le mode Titan. Plutôt que de se battre pour la possession des drapeaux, les équipes s’affrontent afin de prendre possession, au sol, de silos permettant de bombarder le titan ennemi, gigantesque vaisseau qui tient lieu de base. Le camp qui détruit le titan ennemi remporte la bataille. Une fois le bouclier désactivé, il est possible de monter directement à bord, via des capsules d’assaut ou tout simplement en hélicoptère, pour attaquer le cœur du réacteur : pour ce faire, les combats sont acharnés dans les étroits couloirs menant aux consoles de verrouillage.

Quand les quatre sont détruites, la porte du réacteur s’ouvre, laissant les troupes ennemies attaquer le réacteur : la destruction du titan est alors très rapide. Le mode mélange attaque/défense avec succès, obligeant les joueurs à prendre des silos pour désactiver le bouclier ennemi, à défendre leur titan directement attaqué, à se lancer à l’assaut du titan ennemi… les choix tactiques et la bonne répartition des tâches sont cruciaux pour la victoire.

Extensions

La encore, la première extension, sortie le 19 mars 2007, n’a suivi que de peu le jeu : intitulée Northern strike, elle apporte deux nouveaux véhicules (dont le Goliath UE, qui pose certains problèmes d’équilibrage et fait grogner les joueurs de par sa toute-puissance) quelques cartes, des gadgets plus ou moins utiles à débloquer, et un nouveau mode de jeu inspiré du mode conquête, mais peu concluant, vis-à-vis du mode titan par exemple, qui reste le plus joué. Les mods sont peu nombreux pour le moment, nous reviendrons dessus en temps voulu.

EPILOGUE : LA FIN DES TEMPS

La tension monte. Nous les avons trouvé.

illsutration battlefieldCachée dans les ruines surplombant l’étroite route, la septième blindée attend, tous moteurs éteints, le passage de l’interminable colonne : le sixième corps d’armée de la CPA. La brise est légère, la route étroite, et le précipice qui la borde, impitoyable. « Silence ». « Encore quelques-uns et Turtle boy (notre Goliath) va les engager de front. A ce moment, vous jaillirez sur leur flanc droit avec Stomper, Basher, et Snow Devil. Les autres, par la gauche avec moi ! Si nous parvenons à couper en deux leur armée, avec l’effet de surprise, nous avons notre chance ».

La radio s’éteint. Je respire profondément, et mon souffle crée de la buée plein le cockpit. Saloperie de froid. Dire qu’il n’y pas si longtemps, il poussait encore de l’herbe dans certaines régions. « Ca va Duncan ? » lance-je à mon copilote, visiblement bien plus tendu que moi. « Ca va. J’en ai juste marre d’attendre, ils sont tellement nombreux à passer que j’ai envie de tirer dans le tas ». Une lueur d’excitation luit dans son œil. La soif de la bataille.

« T’inquiète. Bientôt, nous verserons des barriques de leur sang maudit sur la neige pure. Ils comprendront que cette terre est nôtre, et que la septième DB la défendra jusqu’au bout ». « Hého ! » me lance-t-il, surpris. « Arrête un peu le lyrisme, on croirait le sergent. Je me tape de la neige pure et de tout ça, je veux juste améliorer mon score. Snow Devil a quelques points d’avance depuis notre dernière escarmouche. Alors amène-nous dans le tas, que je puisse en flinguer un maximum ! ».

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Un sourire féroce est sur ses lèvres. Ce même sourire que j’esquisse. Ils sont des brebis, enlisées dans la neige, fatiguées, loin de leurs pâturages. Moi, j’ai toujours rêvé d’être un loup. « 10 secondes ! » chuchote fébrilement la radio. Stomper, toujours en position accroupie, commence à être couvert de neige. J’active le préchauffage rapide des moteurs, et il grogne faiblement.

« Ici Stomper, tous contrôles OK ».
« Snow Devil, OK ».
« Basher, OK ». Cette fois, nous y sommes.
« GO GO GO!! FORCE ET HONNEUR !! ».

Les 3 bipodes se redressent à l’unisson, et nous prenons la tête de la formation en V qui dévale la colline. Nos pas font trembler le sol, les fantassins paraissent si minuscules du cockpit que j’ai presque envie de les piétiner dans même tirer dessus. Dans le cockpit, Duncan a ressorti un de ses vieux disques. « Ride of the Walkyries », ou quelque chose comme ça. Ils ne peuvent pas nous entendre, mais nous hurlons. Totalement au dépourvu, la colonne réagit mal à notre assaut et se masse sur l’avant pour repousser le Goliath : ils nous tournent le dos. J’empoigne le joystick de commande, et presse d’un coup sec la détente des mitrailleuses frontales.

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Dans un cri suraigu, les canons se mettent à tourner, hurlant notre haine au visage de l’ennemi, tandis que les deux lances roquettes vomissent l’enfer sur les véhicules légers qui tentent de manœuvrer dans l’étroit passage glacé. Le choix du lieu, c’est essentiel. « 132. 133 ! AHAHAH, on passe devant !!! ». Duncan hurle, et vidange ses cartouches sans regarder à la dépense. Le compteur de munitions défile devant mes yeux à une vitesse vertigineuse. Plus de 11000 cartouches tirées, la surchauffe guette. Mais la bataille est presque finie, et la déroute de l’ennemi totale.

« Ici Basher ! Sur l’arrière, nous KRKRKRKR »… Une explosion secoue Stomper : 30 mètres derrière nous, je vois la carcasse de Basher dévaler la pente glacée dans un bruit de tôle fracassée. Une silhouette de dégage : celle d’un bipode de la CPA, un Bogatyr T-44, de toute nouvelle génération. Stomper, notre L5-Riesig, a déjà abattu de très nombreux T-39, mais encore aucun T-44 : enfin un peu de sport. Je redresse le bipode, et nous commençons à nous scruter. Ni moi ni le pilote du monstre ne pouvons nous voir, pourtant je sais qu’il m’observe.

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Nous commençons à décrire des cercles, lentement, comme la meute de loups encercle sa proie. Je peux presque sentir la tension dans le métal. Homme, chair, métal, machine : en ce moment, nous ne faisons qu’un. Soudain la terre se secoue : Snow Devil se lance à pleine vitesse sur le T-44, malgré son armement partiellement endommagé. L’idiot. Dans un crissement mécanique, la tête du T-44 pivote instantanément, et envoie un déluge de roquettes sur le vaillant Snow Devil. Son bouclier vacille puis cède, tandis que sa salve rebondit sur le monstre sans le moindre effet.

Dans un éclair blanc, le cockpit explose, laissant les deux jambes du mécha debout. On dirait le spectacle grotesque de quelque animal décapité qui continue de courir. Puis sa tête pivote à nouveau vers moi. Je pense à cet homme, dans le cockpit. Comme il doit savourer ce moment, sa puissance, sa victoire prochaine. Il ne me connaît pas. « Duncan, accroche toi ». Mes propres mots me semblent étrangers, je ne suis plus pilote, je suis devenu Stomper. Je dois venger mes camarades.

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Il se décide enfin, et expédie une pluie de missiles vers nous. J’abaisse le cockpit et la plupart passent au-dessus, tandis que Duncan a passé toute la puissance du moteur dans les jambes de Stomper. Nous courons droit sur lui. « Déflecteur maximum ! MAINTENANT ! ». Nous sommes passés sous sa garde, et le monstre sûr de lui n’est plus qu’à quelques mètres. Stomper tressaute dans tous les sens, mais le bouclier tient le choc. Dans un fracas de tôle broyée, nous percutons le monstre d’un formidable coup de tête.

Je redresse péniblement le cockpit après l’impact. Devant moi, le monstre vacille, perd l’équilibre, puis tombe sur l’arrière, ses jambes battant l’air dans un effort inutile. Je me penche sur lui. Il reste 4 roquettes dans le rack droit. Je saisis le joystick d’armement. A bout portant, cela devrait suffire. « Hasta la Vista, baby ». Le souffle de l’explosion me donne le frisson. « Ici le sergent-chef Davis. Messieurs, l’ennemi est en déroute. Victoire !! ». La radio grésille et reprend le cri de toute la septième DB, même les machines semblent crier leur joie. Le crépuscule est rouge comme le sang. Une journée de plus, et toujours pas la dernière. C’est toujours ça de pris.

Petite note de fin ?

Nous avons retracé deux siècles de conflit, et autant dire que du sang a coulé sous les ponts entre le premier volet et le petit dernier, Battlefield 2142. Si la Saga Battlefield a marqué le paysage des fps multijoueur par son gameplay, héritage du premier opus, il serait injuste de reconnaître l’apport tactique amené par Battlefield 2, qui a crée une immense communauté de fans. Il est toutefois dommage que Battlefield Vietnam et 2142 s’apparentent plus à des mods respectivement de Battlefield 1942 et 2 qu’à de véritables Stand Alone dotés de vraies innovations : le prochain volet, qui ne manquera pas de sortir bientôt, nous dira si cette tendance se confirme… (Nous verrons d’ici fin 2007/mi 2008… je vous le prédis !).

A bientôt sur le champ de bataille !